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Il y a deux jours, un grand philosophe de la démocratie nous a quittés ; Jürgen Habermas. Cela peut paraître étrange de démarrer un article sur les élections municipales aspétoises par le décès d'un vieux philosophe allemand... Mais...
Maintenant que Patrick Barès retrouve la mairie, et cette fois dans le fauteuil de maire, il va devoir intégrer 3 conseiller(e)s qui ne faisaient pas partie de sa liste ; c'est la nouveauté du scrutin pour les villages de moins de 1000 habitants. Il va devoir, et ses colistiers avec lui, choisir une posture. Soit il considère ses trois conseillers comme des "opposants" et les ostracise ; soit il les intègre pleinement au même titre que les autres. Pendant le mandat qui vient de se clore, il y a eu des rumeurs de fonctionnement clanique ; avérées ou pas, je ne me prononce pas, mais...
Petit rappel : Juridiquement, les 3 conseillers des autres listes ont les mêmes droits que les 12 de la majorité :
- Droit d'information sur les dossiers de la mairie.
- Droit d'amendement en séance.
- Présence obligatoire dans les commissions thématiques (urbanisme, finances, etc.).
Si la loi électorale de 2025 garantit désormais une stabilité technique au futur exécutif, elle ne règle pas la question de la vie démocratique du village pour les six prochaines années. Et c'est un point largement développé dans le programme de Patrick Barès, inclure les aspétois dans une démarche participative ; à commencer donc par tous les conseillers eux-mêmes. Parce que pour rappel, même si la liste obtient 12 sièges de par le mode de calcul de l'attribution de ces derniers, il ne faut pas oublier que sur les 563 personnes qui se sont exprimées pour choisir une liste, 43% n'ont pas votées pour Patrick Barès... Tout est donc assez fragile au final.
Pour le philosophe Jürgen Habermas, la démocratie ne se résume pas au décompte des voix. Elle repose sur l'agir communicationnel : la capacité des élus à produire des décisions issues d'une discussion sans domination. Dans un conseil municipal où la majorité dispose de 80 % des sièges, le risque est de transformer les séances en simples chambres d'enregistrement. Habermas nous rappelle que la légitimité d'une décision dépend de la qualité du débat qui l'a précédée :
- L'inclusion : La vision du village portée par les trois conseillers des listes minoritaires représente une part non négligeable de l'électorat. Les ignorer, c'est amputer la délibération d'une partie de la réalité locale.
- L'argumentation : Une décision n'est pas "juste" parce qu'elle est votée par 12 personnes, mais parce qu'elle a résisté à la critique des 3 autres.
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- Au plus tôt le vendredi 20 mars (le vendredi suivant l'élection).
- Au plus tard le dimanche 22 mars (le dimanche suivant l'élection).


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