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Bilan de la municipalité d'Aspet #2 : la dette

Aspet, le poids de la dette.

Le nerf de la guerre dans une collectivité territoriale, comme dans beaucoup de domaines, ce sont les finances ; ou plutôt l'équilibre financier. Et comment l'atteindre si l'on a une dette ? 
Le village d'Aspet est lourdement endetté. En 2020, quand la nouvelle équipe municipale s'est installée, le capital restant dû par la collectivité dépassait le million d'euros. Ce qui, sauf erreur de ma part, représente environ 1 250 à 1 300 € par habitant. Soit le double de la moyenne par habitant d'un village français de strate équivalente !

Comme beaucoup d'Aspétois, je croyais que cette dette était le fruit des travaux de 2016 pour créer le Carré de la République, suite à l'effondrement des immeubles qui s'y trouvaient. Mais en fait, non. Je ne suis pas expert-comptable, mais les divers documents municipaux tendent à démontrer que les prêts contractés pour cette opération étaient remboursés en 2020. Cela dit, la même année, un prêt de restructuration a été contracté pour refinancer deux prêts antérieurs ; je ne sais donc pas si le financement de cette reconstruction de la place est totalement apuré ou non.

Quoi qu'il en soit, la dette d'Aspet est alimentée par d'autres charges, et cela date d'avant 2020 : groupe scolaire, réseau pluvial et voirie, logements communaux, bureaux de la gendarmerie... En résumé, la dette est majoritairement composée de deux prêts importants (groupe scolaire et refinancement) contractés auprès d'établissements financiers (DEXIA et Crédit Agricole), auxquels s'ajoutent des dettes de montants plus faibles envers le Département, sans nouvel emprunt majeur récent.

Vers le désendettement d'Aspet

En 2025, malgré des efforts conséquents (un désendettement de 9 %), si l'on projette les chiffres de 2020, la commune reste sévèrement endettée jusqu'en 2041 environ, avec toutefois un léger mieux à partir de 2037. La liste qui administrera la ville dès l'an prochain, ainsi que la suivante, n'auront clairement aucune marge de manœuvre en termes d'investissements lourds. Aujourd'hui, la dette par habitant doit encore représenter environ 1 150 €, ce qui correspond toujours à plus de la moitié au-dessus de la moyenne nationale.

À ce stade, il faut souligner un fait important à mettre au crédit de cette équipe municipale : malgré cette dette monumentale, le choix a été fait de ne pas augmenter les taux des impôts locaux. Ce choix budgétaire n'a même pas fait l'objet de débats, la décision a été unanime. En 2023, l'hypothèse d'augmenter la taxe sur les résidences secondaires avait été abordée, mais repoussée à 2024 faute de préparation. Il semble qu'en fait, personne n'ait reposé ce dossier sur le bureau... Il faudrait pourtant envisager cette possibilité, ne serait-ce que pour s'attaquer au sérieux problème des maisons vides. On y reviendra plus tard...

Alors, comment ce taux de désendettement de presque 9 % a-t-il pu être atteint ? D'abord par un budget de fonctionnement contraint, mais excédentaire grâce à une maîtrise des coûts ; puis par une augmentation des recettes fiscales. En effet, bien que les taux d'imposition locaux aient été maintenus en 2022 et 2023, les bases fiscales (fixées par l'État) ont progressé de près de 7 % en 2022 et de 7,4 % en 2023, générant mécaniquement plus de recettes pour la collectivité sans que la mairie n'augmente sa propre pression fiscale. Enfin, il y a ce que l'on appelle la cession d'actifs, c'est-à-dire la vente de biens appartenant à la commune : principalement le presbytère (100 000 € net vendeur), mais aussi des véhicules (benne, fourgon) et des parcelles communales. Ces dernières ventes sont anecdotiques en termes de montant (1 500 €), mais prouvent l'attention portée à la situation. Une autre vente immobilière est prévue : celle du bâtiment Peyrot, estimé à 140 000 €. S'il est vendu à ce prix, cela permettra une baisse significative de l'encours de la dette (environ 15 %). Cela réduira la dette par habitant sous la barre des 900 €, même si ce niveau restera bien plus élevé que celui des communes de même dimension.

Cette gestion est à la fois honorable et prudente. Elle est aussi attentive. Par exemple, le projet d'aménagement du local Carré de la République pour accueillir les bureaux du PNR (Parc Naturel Régional), bien qu'approuvé dans son principe pour son potentiel de dynamisation économique, a été bloqué en juin 2024 par un vote du Conseil municipal. Les élus ont voté contre la poursuite du projet en l'état (phase d'Avant-Projet Définitif) en raison du coût élevé et du manque de clarté sur la destination finale du local. Ils ont demandé une nouvelle étude avec des matériaux plus « communs » et moins onéreux. Sur ce point, je dis bravo, car généralement ce genre de dossier finit par coûter très cher faute de maîtrise dès le départ. En s'appuyant sur des financements complémentaires, la commune a tout de même pu engager un certain nombre de projets et soutenir, notamment, le tissu associatif. Mais cela fera l'objet d'un autre article.

Une gestion de "bon père de famille"... 

Une bonne gestion, je dois l'avouer, mais... car il y a un "mais". Vendre les « bijoux de la couronne » (presbytère, bâtiment Peyrot...) est une stratégie à double tranchant. Certes, elle renfloue les caisses à court terme, mais elle diminue la capacité à imaginer des projets d'avenir. La vente d'un bien signifie que la commune ne peut plus l'affecter à de nouvelles fonctions (tiers-lieux, coworking, logements sociaux spécifiques, incubateurs d'entreprises) au gré de l'évolution des besoins. À l'inverse, la commune conserve le bâtiment de l'ancien collège pour son occupation mixte (services publics, associations, logements), préservant ainsi des fonctions essentielles au dynamisme local.

Enfin, il faut poser la question qui fâche : d'où vient cette impression que notre village stagne ? Ce sentiment est largement partagé : une propreté des rues et des bâtiments parfois douteuse, des vitrines vides et closes, en façade de bâtiments fermés... Depuis la sortie du COVID, Aspet ne brille plus comme avant. La « gestion de bon père de famille », c'est bien, mais avoir une équipe municipale dynamique qui, tout en poursuivant cet effort de désendettement, ferait preuve d'ingéniosité et d'audace, ce serait mieux... 



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