La dernière réalisation du mandat de maire d'Aspet ?
Sur quatre propositions initiales (Girosp, affichage libre, ressourcerie, parcours de santé), le verdict est tombé après un vote ayant mobilisé 32 participants. Un score digne d'une réunion de bureau confidentielle, où le parcours de santé l'emporte largement (24 voix).
Au-delà du simulacre de démocratie participative, c'est le choix technique qui interroge. Alors que les pratiques sportives ont radicalement muté (CrossFit, callisthénie, Streetworkout, Hyrox, trail, Parkour...), la mairie d'Aspet opte pour une vision du sport datant du siècle dernier. Une approche hygiéniste où l'on considère qu'après 50 ans, le citoyen ne peut que freiner le vieillissement et ne surtout pas faire sa crise cardiaque dans l'espace public.
Le résultat ? Des machines de fitness de plein air aux mouvements imposés, où ne t'explique pas ce que tu travailles, sans aucune progressivité ni adaptabilité. Ces équipements, souvent délaissés (voir l'exemple au lac de Sède), n'offrent aucune exploration des capacités physiques. C'est une vision du corps-objet que l'on déplace sur un rail métallique, loin de la fonctionnalité et de la mobilité recherchées aujourd'hui.
Aspet : Parcours de santé anémique...
Il faut sans doute être étranger à toute pratique sportive régulière pour imaginer qu'un sportif entrainé ou même un senior actif ira s'infliger ces agrès froids l'hiver et brûlants sous le cagnard, qui plus est dans un lieu isolé. À l'inverse, une simple structure de Street Workout ; barres de tractions, barres parallèles, anneaux, permet une progression infinie, du débutant à l'expert. C’est ce qu’a fait Tarbes, avec un succès réel, à proximité d'une clinique. Mais ici, non. J'imagine que le commercial qui a reçu la commande a du se régaler de voir ce matériel si difficile à placer aujourd'hui quitter enfin son entrepôt...
À Aspet, territoire de sportifs et de randonneurs, à proximité d'équipements sportifs et d'un départ de randonnée, d'un camping avec des touristes actifs, et un collège avec 200 jeunes pas loin, on nous propose un outil de normalisation neuneu là où nous aurions pu avoir un outil de capabilités. Le corps ne s'use que si l'on ne s'en sert pas ; encore faut-il que l'espace public propose de quoi s'en servir intelligemment. Je prends les paris : une fois la photo d'inauguration prise, ces machines rejoindront le mobilier urbain invisible que tout le monde contourne.

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