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Combien pèse un conseiller municipal à Aspet ?

Le conseil municipal à Aspet se vide de ses participants au fil du temps

Aspet, un conseil fragilisé...

Le conseil municipal est le cœur battant de notre démocratie locale. À Aspet, comme ailleurs, nous avons élu des femmes et des hommes pour porter une voix, une vision et une gestion. Mais au fil des séances, un constat s'impose : les chaises vides se multiplient. En moyenne, sur cette fin de mandat, cinq élus manquent à l’appel. Exemple récent : lors du conseil du 25 septembre dernier, six élu(e)s étaient absent(e)s sur quinze, sans aucune représentation. Avec un seul pouvoir transmis, le quorum de huit conseillers a été atteint de justesse. Cette érosion s’est installée progressivement. Si les absences non représentées étaient rares jusqu’en 2022, elles sont devenues régulières à partir de 2023-2024, avec une moyenne de deux ou trois par séance. Le mouvement semble s’accentuer cette année. Quant aux pouvoirs, s'ils ont été utilisés massivement en milieu de mandat (entre trois et cinq par séance en 2023), ils cèdent aujourd'hui la place à un absentéisme pur et simple. Si le recours au « pouvoir » est une béquille légale prévue par le Code général des collectivités territoriales, l’augmentation des absences sèches, sans mandat ni motif, interroge.

Sans prétendre analyser les causes profondes de ce désengagement, on ne peut ignorer les rumeurs de divisions internes ou de glissements dans l'exercice du pouvoir exécutif local. Dans un contexte où le maire actuel a annoncé ne pas se représenter et où le premier adjoint prépare une liste, ces signes de fatigue démocratique interpellent.

Sachant qu'un conseiller municipal "pèse" statistiquement environ 60 habitants, le problème de représentativité devient sérieux. Est-ce seulement un poids arithmétique ; une voix parmi quinze pour atteindre le quorum ? Ou est-ce un poids délibératif, fait d'arguments, de questions et de présence sensible sur le terrain ? Lorsqu'une élue quitte notre village, et même notre région, tout en conservant son siège, ou lorsque l'absentéisme devient une habitude, c'est le contrat de représentation qui s'étire jusqu'à se rompre. Entre la légalité administrative et l’éthique citoyenne, il existe un espace où le silence des absents finit par peser plus lourd que la parole des présents. En ces temps de doute démocratique, la situation est préoccupante.

Aspet : un conseil sans éclat, mais pas sans débats...

Qu'en est-il de la teneur des échanges parmi les présents ? Force est de constater que le débat est souvent ténu, voire absent. J'ai pu observer, lors de mes deux visites, une certaine apathie sur certains bancs. Pourtant, l'histoire récente du conseil montre que le débat est possible et sain :

  • La refonte de l’Avant-Projet Définitif pour l’hébergement du PNR.
  • Le débat nourri sur l’implantation d’une station de lavage pour vélos.
  • La contestation de la subvention à la « Ronde de l’Isard » (8 000 €), accordée de justesse.
  • Les réserves exprimées sur la vente du presbytère.
  • Le refus, par 7 voix contre et 4 abstentions, de soutenir l’intégralité des « 100 mesures face à l’urgence territoriale » de l’AMRF.

Sur ce dernier point, le conseil a semblé rejeter une posture jugée trop frontale contre l’intercommunalité et l’État, préférant une approche plus pragmatique, bien que l’opacité démocratique de l’échelon intercommunal reste un sujet à part entière...

A noter que depuis le 1er janvier 2023, la loi a supprimé le compte-rendu sommaire au profit d’une simple liste des délibérations et d’un Procès-Verbal (PV). Si le PV est censé conserver la mémoire des discussions, il est souvent très administratif, se contentant d'énumérer les votes sans éclairer le citoyen sur les arguments échangés. De plus, son approbation à la séance suivante crée un décalage temporel : les habitants connaissent le résultat brut presque immédiatement, mais attendent parfois deux mois pour accéder au détail des débats.

La démocratie représentative a ses limites, mais quand le citoyen n'est plus représenté physiquement, le péril démocratique guette. Avis aux futures listes : cherchez des citoyens prêts à s'engager sur la durée. Et avis aux Aspétois : assister au conseil est un droit. J'ai connu une époque où les chaises manquaient tant le public était présent (dans une autre vie, une autre région). Cette présence peut peser sur un vote. Un droit ne s'éteint que si l'on oublie de s'en servir.

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