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Finances d’Aspet : Le patrimoine religieux au prix fort ?

L'église st martin Aspet
L’avant-dernier conseil municipal, celui de novembre, risque de marquer durablement les finances d’Aspet. J’avais précédemment souligné l'effort de la municipalité sortante pour réduire la dette du village (une baisse de 9 % ces dernières années sans emprunt majeur). Pourtant, les décisions de 2025 marquent un tournant : le retour ponctuel à l'emprunt pour les réseaux et l'éclairage. Le véritable test de viabilité budgétaire se jouera en 2026 avec les grands chantiers patrimoniaux (église et place publique). L'autofinancement actuel suffira-t-il à couvrir ces dépenses de plusieurs centaines de milliers d'euros sans faire exploser l'endettement ?

L’énigme de l'église Saint-Martin 

L’église Saint-Martin n’est pas classée et son architecture est composite. Sa seule véritable particularité reste son ancien donjon, qui abrite l’un des rares carillons manuels de 16 cloches de la région. C’est un bel édifice, fréquenté par les fidèles, mais il devient extrêmement gourmand en deniers publics. Entre le chauffage céramique et la réfection des vitraux, le budget atteignait déjà 60 000 €. Pourtant, sans débat préalable et sans que l’on sache vraiment d’où sort ce projet, un nouveau chantier de 400 000 € a été approuvé à l’unanimité (y compris par les conseillers sortant de la liste Barès). Qu'on en juge : 

  • Refonte totale de l'électricité (église et clocher) ;
  • Réfection des portes et vitrification des parquets ;

  • Peinture intégrale des murs intérieurs ;

  • Restauration du carillon et de quatre huiles sur toile.

Côté financement, la commune sollicite l’État (DETR 2026 : 136 206 €) et la Région (21 000 €). Le reste à charge pour le village s'élève à 183 309 €. Près de 200 000 € payés directement par les Aspétois ! Si l’on ajoute les 36 000 € investis durant la dernière mandature pour la chapelle Miègecoste ; pourtant historiquement plus significative ; la facture religieuse devient singulièrement salée.

Quelle stratégie pour demain concernant la dette d'Aspet ? 

La liste de Patrick Barès, qui prône la participation citoyenne, compte-t-elle engager de telles dépenses sans consultation si elle est élue ? Aspet est dans une situation de "revitalisation sous contrainte" : moderniser pour rester attractif avec une marge de manœuvre infime. Toutes les pistes ont-elles été explorées ? Faut-il continuer à vendre des propriétés comme l’immeuble Peyrot ? Augmenter les tarifs des salles associatives, des terrasses ou les droits de place du marché ? Faut-il taxer davantage les résidences secondaires ou, plus douloureusement, la taxe foncière, déjà élevée ? Enfin, une convention avec la Fondation du Patrimoine pour solliciter le don des fidèles a-t-elle été envisagée ? Quoi qu'il en soit, félicitations à ceux qui ont mené un lobbying aussi efficace pour obtenir la rénovation quasi totale de Saint-Martin. 

En attendant, si le carillon de 16 cloches se met à sonner plus fort après sa restauration, espérons que ce soit pour annoncer une pluie de subventions imprévues... ou un miracle budgétaire. Car à ce prix-là, on finit par se demander si la réfection du confessionnal n'inclut pas l'absolution automatique pour le dépassement de dette !

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