Aspet : le "bon sens" à l'épreuve du temps
J'aurais du attendre, un flyers vient d'être distribué par la liste "Ambition pour Aspet). L’examen des nouveaux documents de cette liste reformule l’image initiale d’un programme en creux. Franck Sort et ses colistiers ne boxent pas dans la catégorie des grands concepts administratifs, mais dans celle de la "proximité pratique". C’est une stratégie du mètre carré, pragmatique, qui cible les irritants du quotidien des Aspétois.
Une gestion de "bons pères de famille"
Là où Myriam Delmas s'appuie sur la technicité des dossiers (PLU, OPAH) et Patrick Barès sur l'innovation démocratique (conseil des jeunes, budgets participatifs), Franck Sort propose un retour aux fondamentaux de la maintenance villageoise. L’expertise personelle sert ici de caution : on ne parle pas de vision à trente ans, mais de rénover les passages piétons de la piscine à la place Peyrot, de sécuriser tout le centre-bourg à 30 km/h ou de régler enfin la discipline des forains sur le marché pour libérer le parking Saint-Jean.
C'est une politique de l'immédiat. Aménager le grand préau pour les associations ou créer un espace couvert pour « La boule du Cagire » sont des engagements concrets qui parlent directement à l'usage des lieux. Même le dossier lourd de l’ancienne ASEI (qui appartient au département) est abordé sous l'angle de l'opportunité de service (rééducation, formation, retraite) plutôt que sous celui de l'urbanisme pur. Intéressant, puisque ce bâtiment est un lieu de mémoire (bonne et mauvaise), mais aussi un domaine immense permettant des projets innovants (mais à quel prix ?...).
Les angles morts de la proximité
Pourtant, cette méthode du "bon sens" soulève une question de fond : peut-on piloter une commune pendant six ans uniquement par le petit bout de la lorgnette ?
La gestion par micro-projets est chronophage. À force de traiter les urgences au cas par cas, l'équipe municipale risque l'épuisement, devenant un simple service de dépannage sans réelle boussole. Surtout, le pragmatisme de terrain se heurte tôt ou tard au plafond de verre des financements. Sans une maîtrise poussée des dossiers complexes ; ceux-là mêmes que Franck Sort semble laisser à ses adversaires ; il devient difficile de capter les subventions de l'État ou de l'Europe nécessaires aux projets d'envergure.
Enfin, gouverner sans ligne directrice globale expose à la contestation. Ce qui semble être du "bon sens" pour un quartier peut être perçu comme un privilège par un autre. Sur la durée d'un mandat, le risque est de transformer le village en un puzzle de réparations réussies, mais sans image d'ensemble. Si la réactivité immédiate est une force pour gagner une élection, la prospective reste le seul carburant capable de tenir la distance sur six ans.
Ou alors... En pleine conscience de ne pas être en position de l'emporter, les colistiers de la liste, dont Jean-Claude Sans, visent les 3 ou 4 sièges dispo pour l'opposition si une liste l'emporte au premier tour...

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